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L’Enfant au toton Portrait d’Auguste-Gabriel Godefroy Jean-Siméon Chardin (1699-1779)

L'Enfant au toton
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L'Enfant au toton
Portrait d'Auguste-Gabriel Godefroy
auteur(s) : Jean-Baptiste Siméon Chardin (1699-1779)
dimension : H. 67 cm ; L. 76 cm
technique : huile sur toile
datation : 1738
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
L'Enfant au toton
L'Enfant au toton
Portrait d'Auguste-Gabriel Godefroy
auteur(s) : Jean-Baptiste Siméon Chardin (1699-1779)
dimension : H. 67 cm ; L. 76 cm
technique : huile sur toile
datation : 1738
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
L'Enfant au toton
L'Enfant au toton
un porte-mine (détail)
Portrait d'Auguste-Gabriel Godefroy
auteur(s) : Jean-Baptiste Siméon Chardin (1699-1779)
dimension : H. 67 cm ; L. 76 cm
technique : huile sur toile
datation : 1738
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
L'Enfant au toton
L'Enfant au toton
le toton (détail)
Portrait d'Auguste-Gabriel Godefroy
auteur(s) : Jean-Baptiste Siméon Chardin (1699-1779)
dimension : H. 67 cm ; L. 76 cm
technique : huile sur toile
datation : 1738
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
L'Enfant au toton
L'Enfant au toton
le visage de l'enfant (détail)
Portrait d'Auguste-Gabriel Godefroy
auteur(s) : Jean-Baptiste Siméon Chardin (1699-1779)
dimension : H. 67 cm ; L. 76 cm
technique : huile sur toile
datation : 1738
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
La Raie
La Raie
auteur(s) : Jean-Baptiste Siméon Chardin (1699-1779)
dimension : H. 1,14 m ; L. 1,46 m
technique : huile sur toile
datation : 1725-1726
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Jeune homme au violon
Jeune homme au violon
Portrait de Charles-Théodose Godefroy
auteur(s) : Jean-Baptiste Siméon Chardin (1699-1779)
dimension : H. 67 cm ; L. 74 cm
technique : huile sur toile
datation : 1734-1735
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
L'Oiseau mort
L'Oiseau mort
auteur(s) : Jean-Baptiste Greuze (1725-1805)
dimension : H. 68 cm ; L. 55 cm
technique : huile sur toile
datation : 1800
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Portrait ou scène de genre ?
Un regard nouveau sur l’enfance ?

Le XVIIIe siècle, dit « siècle des Lumières », marque un tournant spectaculaire dans l’intérêt que les adultes portent aux enfants et à leur éducation. Cette évolution est perceptible aussi bien chez des penseurs comme Jean-Jacques Rousseau, qui envisage une pédagogie naturelle, que chez des artistes comme Jean-Siméon Chardin, peintre qui leur a consacré plusieurs toiles. Si les portraits d’enfant ne sont pas rares dès le XVIe siècle, aucun avant ceux de Chardin ne témoigne avec autant d’acuité et de tendresse de ce qu’ils sont, de leur univers, de leurs particularités physiques et psychologiques.

De la nature morte au tableau à figures

Reçu à l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1728 avec La Raie [ image 1 ], Chardin s’illustre essentiellement dans la peinture de nature morte. Les critiques et amateurs apprécient particulièrement l’attention passionnée qu’il porte à « la vie silencieuse des objets ». Mais pour atteindre un plus large public, il produit aussi, dès 1733, des tableaux à figures : des scènes de genre et des portraits. Il est souvent sollicité pour réaliser des portraits d’enfant. Il en présente au moins quatre au Salon de 1738, parmi lesquels L’Enfant au toton [ image principale ], portrait d’Auguste-Gabriel, fils du joaillier et banquier Charles Godefroy. Ce n’est d’ailleurs pas le premier tableau que Chardin peint pour cette famille de la haute bourgeoisie qui a un goût prononcé pour les arts. Quelques années plus tôt, Charles Godefroy lui a déjà commandé le portrait de son fils aîné Charles-Théodose tenant un violon [ image 2 ].

À mi-chemin entre le portrait et la scène de genre

L’Enfant au toton [ image principale ] est plus qu’un simple portrait. Auguste-Gabriel, vêtu et coiffé comme une personne de qualité, n’est pas figé dans une pose traditionnelle. Il se tient debout devant une chiffonnière dont le tiroir entrouvert laisse dépasser un porte-mine [ détail b ]. Délaissant son étude, il a repoussé livres, plume, encrier et papier sur sa droite. Il a les yeux fixés sur un toton, sorte de toupie qu’il vient de lancer et qui tourne encore sur le plateau [ détail c ]. Parce qu’il représente le jeune garçon indifférent au spectateur, absorbé dans une occupation familière, le tableau s’apparente davantage à une scène de genre qu’à un portrait.

Un enfant au naturel saisi sur le vif

Loin des portraits d’apparat et du pittoresque facile, Chardin traque la vérité psychologique de ses jeunes sujets. Le peintre observe, décrypte puis met en scène. Le fond neutre allège la composition et rend l’atmosphère plus intime. Représenté dans le décor où il vit, entouré des objets de son quotidien, le garçon a une attitude naturelle. Un léger sourire flotte sur le visage [ détail d ] de cet enfant tout entier livré au plaisir de son jeu. C’est cette simplicité sans fard, alliée au travail virtuose de la matière picturale, que Diderot admirait tant chez Chardin.

Un métier au service du sentiment

La composition s’ordonne habilement à partir de la diagonale qui va du toton aux yeux baissés de l’enfant, tandis que le plateau du meuble définit la perspective. Chardin limite sa palette à des tons bruns : mur du fond avec ses discrètes bandes rouges et vertes qui rythment l’espace, camaïeux de bruns du fond, de l’habit et des objets qui servent d’écrin à la pâleur du visage et à la tache claire de la toupie, seul élément dynamique du tableau. Pas de pose, pas de récit, pas de morale édifiante, mais un instant d’enfance véritable, tendre et innocente, dans le silence de la pièce à peine troublé par la course du toton.

Les scènes de genre de Chardin éclairent sur la société bourgeoise du XVIIIe siècle. Elles seront diffusées par l’estampe et lui assureront une notoriété que ne pouvait lui apporter la nature morte. Par leur simplicité et leur sincérité, ses portraits d’enfant s’opposent à ceux plus démonstratifs et plus moralisateurs que Jean-Baptiste Greuze [ image 3 ] réalisera quelques années plus tard. Au XIXe siècle, le portrait d’enfant se démocratisera, et les peintres se souviendront de l’humanité touchante que Chardin a su donner à ce genre.

Charles Gaultier

Permalien : http://www.panoramadelart.com/l-enfant-au-toton-dit-aussi-portrait-d-auguste-gabriel-godefroy-jean-simeon-chardin

Publié le 17/11/2011

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ressources internet

  1. Musée du Louvre : étude de La Raie (1725-1726)
    http://www.louvre.fr/oeuvre-notices/la-raie
  2. Musée du Louvre : étude du Bénédicité (1740)
    http://www.louvre.fr/oeuvre-notices/le-benedicite
  3. Musée du Louvre : étude de l’autoportrait aux bésicles (1771)
    http://www.louvre.fr/oeuvre-notices/autoportrait-aux-besicles
  4. Une exposition : Des jouets et des hommes, Grand Palais, Galeries nationales (14 septembre 2011 – 23 janvier 2012)
    http://www.rmn.fr/francais/les-musees-et-leurs-expositions/grand-palais-galeries
  5. Voir aussi le site Histoiredesarts.culture.fr

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glossaire

Académie :
Institution, fondée en 1648, qui rassemble les artistes distingués par une assemblée de pairs et travaillant le plus souvent pour la couronne. Elle définit les règles de l’art et du bon goût, forme les artistes, organise des expositions. Académie royale de peinture et de sculpture jusqu’à la Révolution, elle devient par la suite l’Académie des beaux-arts.
Estampe :
Images obtenues sur un support papier par impression d’une planche de bois gravée (xylographie) ou d’une plaque de métal, voire d’une pierre dessinée (lithographie). La plaque de métal peut être travaillée selon différents procédés, mécanique (burin) ou chimique (eau-forte), qui définissent plusieurs types de gravure.
Nature morte :
Représentation d’objets, de végétaux, de nourriture ou d’animaux sans vie.
Salon :
Au XVIIIe siècle les expositions des membres de l’Académie royale de peinture et de sculpture se tenaient dans le Salon carré du Louvre. Le terme « Salon » désigne par la suite toutes les expositions régulières organisées par l’Académie.
Scène de genre :
Sujet de peinture qui présente la vie quotidienne en famille et en société.
Toton :
Un toton est à l’origine un dé traversé d’une cheville qui permettait de le faire tourner comme une toupie, la face gagnante étant marquée d’un T (totum, en latin).
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Anonyme
lun, 12/05/2011 - 17:40

Bravo pour la présentation et le contenu