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Le Panthéon de Rome

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  • Le Panthéon de Romea
  • Le plan du Panthéon d’Agrippa à Rome 1
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  • Panthéon, vue de l’intérieur5
Le Panthéon de Rome
Vu de la façade, depuis la place de la Rotonde
technique : architecture
datation : 1989-1991
lieu de conservation : Archives Alinari, Florence, Fratelli Alinari
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Le Panthéon de Rome
Vu de la façade, depuis la place de la Rotonde
technique : architecture
datation : 1989-1991
lieu de conservation : Archives Alinari, Florence, Fratelli Alinari
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Le plan du Panthéon d’Agrippa à Rome
auteur(s) : Herman Vischer le Jeune (1486-1517)
dimension : H. 32 cm ; L. 21,5 cm
matériaux : encre brune sur papier
technique : dessin
datation : XVe-XVIe siècle
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques
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Le Panthéon de Rome
Vue aérienne
technique : photographie
datation : 1993
lieu de conservation : Italie, Florence, musée de l’Histoire de la photographie Fratelli-Alinari
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Le Panthéon de Rome
Vue intérieure de la coupole
technique : photographie
datation : 1989-1991
lieu de conservation : Italie, Florence
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Intérieur du Panthéon
auteur(s) : Anonyme
technique : photographie
datation : 1904
lieu de conservation : Italie, Florence, musée de l’Histoire de la photographie Fratelli Alinari
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Panthéon, vue de l’intérieur
Album d’Italie, antiquités de Rome
auteur(s) : Louis-Philippe-François Boitte (1830-1906)
technique : dessin
datation : XIXe siècle
lieu de conservation : Paris, musée d’Orsay
En quoi cette architecture témoigne-t-elle de la virtuosité des constructeurs romains ?
Comment une prouesse technique peut-elle servir le pouvoir impérial ?

Au Ier siècle av. J.-C., le général Agrippa, gendre de l’empereur Auguste, fait construire à Rome le temple du Panthéon image principale, à l’endroit où, selon la tradition, Romulus fut transporté au ciel. L’existence même de la ville s’ancrait dans ce lieu mythique qui commémorait cette apothéose.

Un temple dynastique

Le temple, qui a subi deux incendies (l’un en 80, l’autre en 110), est reconstruit suivant un plan entièrement nouveau par l’empereur Hadrien entre 118 et 125 apr. J.-C. Avec une modestie calculée, il fait rétablir sur le fronton la dédicace d’origine destinée à Agrippa image principale. En faisant reconstruire ce temple, Hadrien rend hommage au fondateur de Rome, Romulus, mais également à celui de l’Empire romain, Auguste, auquel il voue une dévotion particulière. En effet, Hadrien conservait dans sa chambre un buste de l’empereur, parmi les figurines à l’effigie de ses divinités protectrices personnelles

Comme son nom l’indique en grec, un panthéon est un temple dédié à « tous les dieux ». Celui d’Agrippa est d’abord consacré à ceux de Rome, en premier lieu Mars et Vénus, divinités protectrices de la ville et ancêtres de la dynastie des Julio-Claudiens. Pour l’empereur Hadrien, d’origine provinciale, il était sans doute également dédié aux dieux adorés dans le reste de cet Empire immense.

Une architecture surprenante

Soucieux de marquer son pouvoir dans la pierre, Hadrien entreprend un vaste programme de reconstruction. Il se passionne pour l’architecture, qui bénéficie alors de connaissances et de savoir-faire techniques à leur apogée ainsi que d’une réorganisation des différents corps de métier. Par la virtuosité de son architecture, le Panthéon reflète cet intérêt.

Par sa position éminente sur l’esplanade et l’entrée unique par la façade qui masque la coupole, le Panthéon apparaît, au premier abord, comme un temple tout à fait traditionnel, quadrangulaire. Mais l’édifice réserve un effet de surprise à qui passe les immenses portes de bronze et pénètre dans la vaste salle de culte (cella) circulaire.

En effet, le Panthéon concilie harmonieusement deux plans image 1 et deux techniques de construction en totale opposition : le porche d’entrée (pronaos), qui reprend le schéma classique du temple grec en pierre, forme un contraste absolu avec la rotonde édifiée en briques plaquées de marbre image 2.

Le pronaos, qui marque la frontière entre le profane et le sacré, est construit selon la tradition qui impose une colonnade et un fronton triangulaire à tout édifice religieux romain. Large de 33 mètres et profond de 15, il affecte la forme d’un temple classique à trois nefs. Le toit est supporté par seize colonnes de plus de 14 mètres de haut ; leur fût monolithe est en granite égyptien vert et rose, et leur chapiteau corinthien en marbre grec.

La salle circulaire est, quant à elle, surmontée d’une coupole formée de cinq anneaux de taille décroissante ornés de vingt-huit caissons chacun et percée en son centre d’un oculus qui laisse entrer la lumière du jour image 3. Si les thermes du Ier siècle apr. J.-C. pouvaient être dotés de coupoles, le Panthéon est le premier édifice religieux à en présenter une. D’une ampleur jusqu’alors inédite, elle résulte des recherches et de la longue expérience des constructeurs romains.

Mais comment cette coupole tient-elle ?

Atteindre un tel volume nécessite une grande maîtrise des techniques de construction et une grande connaissance de la résistance des matériaux pour résoudre le problème des forces et des poussées exercées par le poids de la voûte. Par exemple, différentes natures de mortier ont été utilisées en fonction de leur position dans le bâtiment. Le socle de la coupole est construit en opus caementicium, un type de béton composé de sable et de chaux mêlés à des écailles de calcaire, coulé entre deux parements de briques. La coupole est quant à elle réalisée en béton coulé sur coffrage en forme de caissons et renforcé par une armature d’arcs de briques. Plus on s’approche du sommet, plus le béton est allégé par l’intégration d’un pourcentage croissant de pouzzolane, une sorte de pierre ponce.

Un décor antique vertigineux

À l’intérieur image 4 comme à l’extérieur, un placage de pierres masquait à l’origine cette architecture de briques et de béton. Transformé en église au début du VIIe siècle, le Panthéon a été préservé des destructions par un usage continu. Même dépouillé des statues qui ornaient ses niches, de ses éléments métalliques (tuiles de bronze doré et décor des poutres du porche et des caissons de la voûte) et de son revêtement extérieur en marbre, il conserve en grande partie son aspect antiqueimage 5.

Les couleurs du dallage de pierres (opus sectile) répondent à celles des colonnes et piliers corinthiens, taillés dans des marbres d’Afrique et d’Orient, et des panneaux polychromes de marbres divers et de porphyre. De ce décor se dégage une impression de vide vertigineux, étourdissant, presque une expérience mystique, sans doute voulue par Hadrien.

Une symbolique complexe au service de la propagande impériale

Depuis l’Antiquité, les spéculations sont nombreuses quant au choix de la forme ronde ou encore des nombres qui régissent cette construction (sept chapelles comme le nombre de jours de la semaine et des planètes alors connues, vingt-huit caissons à chaque anneau comme le nombre de jours que compte un mois lunaire, etc.).

La symbolique solaire est aussi nettement perceptible dans le Panthéon. Contrairement au cadran solaire, qui utilise l’ombre du gnomon, c’est la lumière directe du soleil qui, projetée à l’intérieur du bâtiment, scande les heures et les saisons et éclaire le trône impérial où siège Hadrien. C’est aussi le Soleil, premier de tous les dieux, qui accorde le pouvoir et la protection divine aux souverains hellénistiques comme aux empereurs romains.

Au début du IIIe siècle, l’historien Dion Cassius est le premier auteur à interpréter la coupole comme une image de la voûte céleste. Le monde alors connu est conçu comme un cercle au centre duquel se trouve Rome, la capitale. La forme ronde du Panthéon, dans le cœur mythique de la ville, exalte la totalité cosmique de l’univers, unifié sous la lumière solaire par le pouvoir de l’empereur, protégé de tous les dieux.

Sandrine Bernardeau

Permalien : http://www.panoramadelart.com/pantheon-rome

Publié le 10/08/2016

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ressources internet

  1. Quatre-vingt-deux photos du Panthéon
    http://fr.structurae.de/structures/data/photos.cfm?ID=s0000292
  2. Le décor d’origine du Panthéon avant les transformations du XVIIIe siècle : un tableau de Giovanni Paolo Panini conservé à la National Gallery of Art (Washington)
    http://www.nga.gov/content/ngaweb/Collection/art-object-page.165.html
  3. Le Panthéon (maquette de Rome)
    http://www.unicaen.fr/cireve/rome/pdr_maquette.php?fichier=visite_pantheon
  4. Voir aussi le site Histoiredesarts.culture.fr

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glossaire

Fronton :
Élément architectural, de forme généralement triangulaire, qui couronne un édifice ou une de ses parties.
Julio-Claudiens :
Première dynastie d’empereurs romains. N’ayant pas de fils, Auguste (27 av. J.-C.-14 apr. J.-C.), membre de la famille des Julii, adopte pour lui succéder son beau-fils Tibère (14-37 apr. J.-C.), issu de la famille des Claude. Cette succession vaut à la dynastie des empereurs qui règnent sur Rome jusqu’en 68 le nom de Julio-Claudiens.   
Mars :
Dieu romain de la Guerre, vénéré sous le nom d’Arès par les Grecs.
Oculus :
En architecture, ouverture circulaire.
Panthéon :
Bâtiment dédié durant l’Antiquité gréco-romaine à un ensemble de dieux, et par la suite à une famille régnante ou à un ensemble de citoyens particulièrement importants pour une nation.
Romulus :
Fils du dieu Mars et de la mortelle Rhea Silvia, Romulus et son frère jumeau Remus sont abandonnés à leur naissance, nourris par une louve, puis élevés par un berger. Romulus est considéré comme le fondateur et le premier roi de Rome.
Thermes :
Bains publics.
Vénus :
Déesse romaine de l’Amour et de la Beauté, vénérée sous le nom d’Aphrodite par les Grecs. Son nom est donné aux statuettes préhistoriques, caractéristiques de la culture gravettienne, réalisées en pierre ou en ivoire, représentant des femmes aux formes généreuses.
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