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Descente de Croix Pierre-Paul Rubens (1577-1640)

Descente de Croix
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Descente de Croix
auteur(s) : Pierre-Paul Rubens (1577-1640)
dimension : H. 425 cm ; L. 295 cm
technique : huile sur toile
datation : vers 1617
lieu de conservation : Lille, palais des Beaux-Arts
Descente de Croix
Descente de Croix
auteur(s) : Pierre-Paul Rubens (1577-1640)
dimension : H. 425 cm ; L. 295 cm
technique : huile sur toile
datation : vers 1617
lieu de conservation : Lille, palais des Beaux-Arts
Portrait d’Isabelle de Habsbourg
Portrait d’Isabelle de Habsbourg
Après la mort en 1621 de son époux, l’archiduc Albert, gouverneur des Pays-Bas espagnols, elle rejoint l’ordre des clarisses dont elle porte ici l’habit
auteur(s) : Pierre-Paul Rubens (1577-1640)
technique : huile sur toile
datation : 1621-1633
lieu de conservation : Florence, Palazzo Pitti, Galleria Palatina
Descente de Croix
Descente de Croix
auteur(s) : Daniele da Volterra, Daniele Ricciarelli dit (1506-1566)
technique : peinture à fresque
lieu de conservation : Rome, Santa Trinità dei Monti
Les Usuriers
Les Usuriers
auteur(s) : Quentin Metsys (1465/1466-1530)
technique : peinture
datation : XVe siècle
lieu de conservation : Rome, Galleria Doria-Pamphili
Retable de la déploration du Christ
Retable de la déploration du Christ
auteur(s) : Joos Van Cleve (v. 1485-1540/1541)
dimension : H. 145 cm ; L. 206 cm
technique : huile sur bois
datation : 1520-1525
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
En quoi cette œuvre est-elle emblématique d’un renouveau spirituel et artistique ?

Les guerres de Religion qui ravagent l’Europe au XVIe siècle frappent durement les Pays-Bas espagnols, possession de la puissante dynastie des Habsbourgs. Le conflit qui oppose les provinces converties au protestantisme et les provinces restées catholiques se prolonge jusqu’au milieu du XVIIe siècle et ne connaît d’accalmie que de 1609 à 1621, avec la trêve de Douze Ans. Une véritable entreprise de reconstruction, de rénovation et de décoration des édifices religieux voit le jour durant cette période. Elle est soutenue par l’archiduc Albert et son épouse Isabelle, fille du roi Philippe II d’Espagne [ image 1 ], fervents catholiques et défenseurs de la Contre-Réforme. Peintre officiel de leur cour établie à Bruxelles, Rubens y participe activement et répond à de nombreuses commandes. Vers 1617, les capucins de Lille, ville alors située en territoire espagnol, lui demandent ainsi de réaliser une Descente de Croix pour leur église [ image principale ]. Ce thème, qui lui a déjà inspiré un retable pour la cathédrale d’Anvers en 1611, est emblématique de l’élan de ferveur catholique du début du XVIIe siècle.

Le renouvellement d'un thème traditionnel

Les franciscains, dont les capucins font partie, sont parmi les plus actifs dans la reconquête de la religion catholique. La Descente de Croix était placée sur le maître autel de l’église des Capucins. Ses dimensions imposantes concentraient le regard des fidèles sur le sacrifice du Christ pour la rédemption de l’homme. L’instant est particulièrement émouvant : au soir de sa mort, le corps du Christ est détaché de la croix par ses proches. Le choix du thème s’inscrit dans les directives du concile de Trente, qui engagent à favoriser l’empathie du fidèle face à la vie du Christ, de son enfance jusqu’à sa Passion. Certains éléments de la composition, comme la Vierge Marie représentée debout et non plus évanouie au pied de la croix, ou le corps meurtri du Christ, répondent aussi à ces exigences nouvelles de l’Église. Rubens insiste particulièrement sur l’émotion des femmes, le visage blême, les yeux rougis.

Une composition savante et organisée

La composition est axée sur un jeu de diagonales qui accentue le lent mouvement de la descente du corps. Du visage de la vieille femme en bas à gauche à l’homme qui soutient le bras du Christ, une première diagonale se dessine. La seconde part du bas de l’échelle à droite, suit les jambes de Jésus et mène jusqu’à l’homme qui, monté sur la croix, retient le drap qui enveloppe le corps.

La tonalité générale de l’œuvre repose sur une harmonie de gris bleutés et de bruns que rompt l’éclat du drap blanc et des chairs pâles du Christ. Seuls les vêtements de Marie-Madeleine et de Jean apportent des notes de couleurs vives et chatoyantes. L’apôtre est représenté de dos, un pied planté dans le sol, l’autre sur l’échelle. La musculature perceptible sous les drapés et sur le cou du jeune homme traduit l’effort qu’il accomplit.

Si elle porte en elle tous les signes d’un renouveau spirituel et formel, l’œuvre de Rubens n’en est pas moins marquée par les maîtres qui l’ont précédé, notamment les peintres italiens qu’il découvre dans sa jeunesse.

L’influence des maîtres italiens

Rubens avait quitté les Flandres en 1600 pour servir le duc de Mantoue. Il séjourna huit ans en Italie, voyageant de Florence à Venise, de Mantoue à Rome. La Descente de Croix du musée de Lille est nourrie de cette expérience italienne.

L’idée d’appuyer deux échelles sur les bras de la croix et l’attitude des personnages dans la partie supérieure de la toile sont empruntées à la Descente de Croix de Daniele da Volterra, peinte pour l’église romaine de la Trinité-des-Monts [ image 2 ]. À Venise, Rubens est aussi très impressionné par les œuvres de Titien. L’étude de ses tableaux modifie sa touche picturale. Elle devient plus empâtée dans les parties claires et plus fine dans les zones sombres où apparaît par endroits l’ imprimatura. À Rome, Rubens est profondément marqué par le traitement de la lumière et l’intensité dramatique des œuvres de Caravage. L’artiste flamand emploie un cadrage serré, la croix occupant la quasi-totalité de la toile. L’absence de paysage, l’obscurité du ciel, la blancheur du linceul, les mouvements et les regards des personnages concentrés sur le corps du Christ accentuent la tension qui se dégage de la scène.

Dans le respect des traditions flamandes

Malgré les nombreuses références à l’art italien, la toile de Rubens reste fidèle à certains aspects de la culture flamande, notamment le pittoresque des visages [ image 3 ], celui de la vieille femme à gauche et celui de l’homme en haut de la croix, ou bien le physique plantureux de Marie-Madeleine. Le goût du détail et de la description réaliste des matériaux comme le métal brillant de la bassine ou le bois rugueux de la croix se situe dans la lignée de l’art flamand des XVe et XVIe siècles [ image 4 ].

La renommée internationale de Rubens le pousse à prendre à Anvers la tête d’un grand atelier où travaillent de nombreux artistes (Jordaens, Van Dyck…) pour répondre aux multiples commandes, religieuses et profanes, qu’il reçoit des souverains d’Europe.

Cécile Galinier

Permalien : http://www.panoramadelart.com/pierre-paul-rubens-descente-de-croix

Publié le 09/10/2013

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ressources internet

  1. Site officiel de la maison de Rubens à Anvers et donnant plusieurs liens vers des sites présentant des œuvres du maître dans la ville
    http://www.rubenshuis.be
  2. Site du palais des Beaux-Arts de Lille, où l’œuvre est conservéee
    http://www.pba-lille.fr
  3. Voir aussi le site Histoiredesarts.culture.fr

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glossaire

Empâtement :
Relief obtenu par l’application d’une épaisse couche de peinture.
Imprimatura :
Mot italien désignant une première couche picturale, généralement de couleur brune. Appliquée de manière uniforme sur le support préalablement préparé, elle le protège et sert de base à la peinture proprement dite.
Rédemption :
Mystère et dogme qui, dans la religion catholique, veut que le sacrifice du Christ sur la croix ait lavé l’humanité de ses péchés.
Triptyque :
Œuvre constituée de trois volets reliés par une charnière. Par extension, le terme s’applique à trois œuvres formant un ensemble.
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Anonyme
mer, 09/16/2015 - 17:09

cool