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Portrait d'une femme noire présenté au salon de 1800, sous le titre Portrait d'une négresse Marie Guillemine Benoist (1768-1826)

Portrait d’une femme noire, Marie Guillemine Benoist (1768-1826)
  • Portrait d'une femme noirea
  • La Nativité, avec l’Adoration des mages1
  • Jean-Baptiste Belley, député de Saint-Dominique à la Convention (1747-1805)2
  • Madame Vigée Le Brun et sa fille, Jeanne Lucie Louise, dite Julie (1780-1819)3
  • La Fornarina4
Portrait d'une femme noire
Salon de 1800, sous le titre Portrait d'une négresse
auteur(s) : Marie Guillemine Benoist (1768-1826)
dimension : H. 81 cm ; L. 65 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : 1800
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Portrait d’une femme noire, Marie Guillemine Benoist (1768-1826)
Portrait d'une femme noire
Salon de 1800, sous le titre Portrait d'une négresse
auteur(s) : Marie Guillemine Benoist (1768-1826)
dimension : H. 81 cm ; L. 65 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : 1800
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
La Nativité, avec l’Adoration des mages, Charles de La Fosse (1636-1716)
La Nativité, avec l’Adoration des mages
Peint pour le décor du chœur, exécuté entre 1715 et 1717, de la cathédrale Notre-Dame à Paris. Détail du groupe des rois mages
auteur(s) : Charles de La Fosse (1636-1716)
dimension : H. 427 cm ; L. 447 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
provenance : don du chapitre de Notre-Dame, 1862
datation : 1715
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Jean-Baptiste Belley, député de Saint-Dominique à la Convention (1747-1805), Anne-Louis Girodet de Roussy-Trioson (1767-1824)
Jean-Baptiste Belley, député de Saint-Dominique à la Convention (1747-1805)
auteur(s) : Anne-Louis Girodet de Roussy-Trioson (1767-1824)
dimension : H. 159 cm ; L. 112 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : 1797
lieu de conservation : Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon
Madame Vigée Le Brun et sa fille, Jeanne Lucie Louise, dite Julie (1780-1819), Élisabeth Vigée Le Brun (1755-1845)
Madame Vigée Le Brun et sa fille, Jeanne Lucie Louise, dite Julie (1780-1819)
auteur(s) : Élisabeth Vigée Le Brun (1755-1845)
dimension : H. 105 cm ; L. 84 cm
matériaux : huile sur bois
technique : peinture
datation : 1786
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Raphael, Fornarina
La Fornarina
auteur(s) : Domenico Cunego (1727-1794), d’après Sanzio Raffaello, dit Raphaël (1483-1520)
dimension : H. 39,2 cm ; L. 26,4 cm
technique : estampe
datation : 1772
lieu de conservation : Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon
En quoi ce tableau est-il unique ?

Peint et exposé au Salon de 1800, ce portrait image principale présente une femme noire, assise de trois quarts, délicatement tournée vers le spectateur. Sa robe et son fichu de coton blanc servent d’écrin à sa peau foncée, et sa silhouette, empreinte de dignité, se détache sur un fond clair où l’on peut lire, en bas à droite, le nom de l’artiste, Marie Guillemine Leroux de La Ville, épouse Benoist. Le titre du tableau ne nous révèle pas l’identité du modèle, mais une tradition ancienne la désigne comme une servante ramenée de la Guadeloupe par le beau-frère de l’artiste.

Une femme peintre classique

Formée dans les ateliers d’Élisabeth Vigée Le Brun et de Jacques Louis David, Benoist fait partie de la génération des jeunes femmes qui accédèrent à la carrière de peintre à la veille de la Révolution.

Son œuvre reflète l’influence de ses maîtres. L’impression de naturel et la grâce émanant de son modèle rappellent les portraits de Vigée Le Brun image 3, tandis que le fond neutre, le modelé vigoureux du corps et le jeu des contrastes entre la figure, les tissus et le fond sont l’héritage de David.

En choisissant une telle pose et une telle composition, Benoist s’inscrit dans une tradition picturale bien établie. Dans les mêmes années, David réalise d’imposants portraits de femmes élégantes, d’une grande sobriété, cadrées sous les hanches, les bras nonchalamment posés sur les jambes.

Le portrait d’une femme noire

Un tel tableau constitue, à cette époque, un cas presque unique : en effet, il est alors exceptionnel de consacrer un portrait à une personne de couleur – même si quelques-uns ont existé en Angleterre. Les exemples de figures noires dans la peinture se rattachent à la volonté de figurer « l’ailleurs » image 1. L’antécédent constitué par le spectaculaire portrait du député Jean-Baptiste Belley image 2 par Anne-Louis Girodet en 1797 a dû frapper la peintre, autant que le public de l’époque. Aucun de ces deux portraits n’a pu être commandé par les modèles, qui n’en avaient pas les moyens ; comme Girodet, Benoist a entrepris son tableau de sa propre initiative, mais on ignore tout de leurs intentions, ni l’un ni l’autre n’ayant laissé d’explication à ce sujet.

La singularité de ce portrait réside dans le fait que les conventions du portrait classique sont ici appliquées à une femme noire, sans doute une esclave récemment affranchie, l’esclavage ayant été aboli en France en 1794. La modèle est assise dans un fauteuil, un beau châle posé sur l’accotoir et le dossier, à la manière des femmes blanches des classes supérieures. Benoist abolit ainsi les distinctions traditionnelles, tant sociétales que picturales.

Dans le même temps, plusieurs éléments rappellent que cette jeune femme, au nom inconnu mais dont le visage est portraituré avec précision, est et demeure une femme noire, une ancienne esclave des Antilles : le fichu noué sur sa tête et l’anneau d’or à son oreille sont des signes de servitude, de même que le sein apparent. En effet, si cette poitrine dénudée peut apparaître comme un lointain écho des portraits de courtisanes de la Renaissance image 4, il faut plutôt la mettre en relation avec l’association qui était faite, en cette fin de xviiie siècle, entre les Noirs et l’état de « nature ». Sur les gravures consacrées à la traite négrière, les esclaves figurent toujours dénudés, état dans lequel ils sont débarqués aux Antilles depuis l’Afrique.

Exotisme ou liberté ?

Citoyenne de son temps, Benoist est peut-être influencée par les gravures publiées dans les années 1790, générées par les courants abolitionnistes, présentant hommes et femmes noirs anonymes, coiffés du fichu blanc devenu symbole de liberté et associés à la mention « moi égal à toi / moi libre aussi ». Si cette devise ne figure pas sur le tableau, le regard que nous adresse cette jeune femme semble en être la traduction.

Femme, noire, créature offerte au regard comme un objet de curiosité, la jeune modèle évoque aussi les questions qui agitent la société de l’époque : liberté, égalité des sexes et des « races », fraternité. Ces idées mettront des années encore à trouver leur accomplissement. En 1802, l’esclavage est rétabli ; ce tableau est alors interprété comme un appel à la liberté.

Stéphanie Elhouti-Cabanne

Permalien : http://www.panoramadelart.com/portrait-femme-noire-benoist

Publié le 05/02/2018

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ressources internet

  1. Une étude historique consacrée à ce tableau sur le site L’Histoire par l’image
    https://www.histoire-image.org/etudes/portrait-negresse
  2. Une étude sur la première abolition de l’esclavage en 1794 sur le site L’Histoire par l’image
    https://www.histoire-image.org/etudes/premiere-abolition-esclavage-1794
  3. Une étude sur le cachet de la Société des amis des Noirs sur le site L’Histoire par l’image
    https://www.histoire-image.org/etudes/cachet-societe-amis-noirs
  4. Une biographie de Marie Guillemine Benoist
    www.siefar.org/dictionnaire/fr/Marie-Guillemine_Le_Roux_de_La_Ville
  5. Voir aussi le site Histoiredesarts.culture.fr

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glossaire

Composition :
Manière de disposer des figures, des motifs ou des couleurs dans l’élaboration d’une œuvre.
Salon :
Au XVIIIe siècle les expositions des membres de l’Académie royale de peinture et de sculpture se tenaient dans le Salon carré du Louvre. Le terme « Salon » désigne par la suite toutes les expositions régulières organisées par l’Académie.
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