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Salle à manger du château de Malmaison Charles Percier (1764-1838), Pierre-François-Léonard Fontaine (1762-1853), Louis Lafitte (1770-1828)

Salle à manger du château de Malmaison
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Salle à manger du château de Malmaison
auteur(s) : Charles Percier (1764-1838), Pierre-François-Léonard Fontaine (1762-1853), Louis Lafitte (1770-1828)
datation : 1800-1802
lieu de conservation : Malmaison, musée du château de Malmaison
Salle à manger du château de Malmaison
Salle à manger du château de Malmaison
auteur(s) : Charles Percier (1764-1838), Pierre-François-Léonard Fontaine (1762-1853), Louis Lafitte (1770-1828)
datation : 1800-1802
lieu de conservation : Malmaison, musée du château de Malmaison
Salle à manger du château de Malmaison
Salle à manger du château de Malmaison
Vue sur l’hémicycle et la vasque de la fontaine
auteur(s) : Charles Percier (1764-1838), Pierre-François-Léonard Fontaine (1762-1853), Louis Lafitte (1770-1828)
datation : 1800-1802
lieu de conservation : Malmaison, musée du château de Malmaison
Salle à manger du château de Malmaison
Malmaison, musée du château de Malmaison
Danseuse au rython
auteur(s) : Louis Lafitte (1770-1828), Charles Percier (1764-1838)
datation : 1800-1802
lieu de conservation : Malmaison, musée du château de Malmaison
Salle à manger du château de Malmaison
Salle à manger du château de Malmaison
Installation d’un service de table à l’occasion de l’exposition « Destins souverains » en 2011
lieu de conservation : Malmaison, musée du château de Malmaison
Boudoir de la reine
Boudoir de la reine
Boudoir d’argent
auteur(s) : Pierre-Marie Rousseau (1751-1829)
datation : 1787
lieu de conservation : Fontainebleau, château
Le Printemps ou Flore
Le Printemps ou Flore
dimension : H. 38 cm ; L. 32 cm
technique : peinture à fresque
provenance : Pompéi, villa d’Ariane
datation : Ier siècle av. J.-C.
lieu de conservation : Naples, Museo Archeologico Nazionale
Athénienne
Athénienne
d’après un modèle de Charles Percier
auteur(s) : Martin-Guillaume Biennais (1764-1843)
dimension : H. 91 cm ; L. 49 cm
matériaux : acajou, bronze doré
technique : ébénisterie
datation : 1800-1804
lieu de conservation : Fontainebleau, château
Dessin de la fontaine de la salle à manger du château de Malmaison
Dessin de la fontaine de la salle à manger du château de Malmaison
auteur(s) : Pierre-François-Léonard Fontaine (1762-1853)
dimension : H. 14,9 cm ; L. 6,2 cm
technique : dessin
lieu de conservation : Malmaison, musée du château de Malmaison
Chaise de salle à manger
Chaise de salle à manger
auteur(s) : Maison Jacob Frères
matériaux : acajou, tissu
technique : ébénisterie
datation : 1796-1803
lieu de conservation : Malmaison, musée du château de Malmaison
La Malmaison, lieu de pouvoir ou résidence privée ?

Le château de Malmaison est acheté par Napoléon Bonaparte, puis donné à Joséphine après leur divorce prononcé en 1809. Le Premier consul et son épouse y séjournent fréquemment entre 1799 et 1802. Pendant cette période, ils effectuent de nouveaux aménagements dans le château et les jardins. Ce sont les architectes Percier et Fontaine, présentés à Joséphine par les peintres David et Isabey, qui impriment le style néoclassique au décor du château. Percier fournit de nombreux modèles d’objets, de décors et de mobilier, tandis que Fontaine investit le domaine de l’architecture. Fruit de leur collaboration, la salle à manger [ image principale ] illustre parfaitement leur complémentarité artistique.

L’Antiquité retrouvée

Cette vaste pièce d’environ 80 m2 comporte un mur en hémicycle et reçoit le jour par six fenêtres, trois donnant sur la cour et trois sur le jardin. C’est l’une des trois grandes salles du rez-de-chaussée, avec le vestibule et la salle de billard, toutes trois dallées de marbre blanc et noir. Le décor de la salle à manger a subi des modifications après la mort de Joséphine. Le choix de dédier le château, transformé en musée à partir de 1906, à la période du Consulat a incité à restituer le décor de cette période.

La salle à manger témoigne de la connaissance qu’avaient Percier et Fontaine des œuvres de l’Antiquité romaine. Les pilastres qui décorent le mur en hémicycle [ détail b ] et les peintures sont caractéristiques du style néoclassique qui se développe vers la fin du XVIIIe siècle. Ce courant, né avec les découvertes faites lors des fouilles archéologiques des sites d’Herculanum et de Pompéi, s’est pleinement épanoui en France sous le règne de Louis XVI. Le décor des appartements de la reine au château de Fontainebleau [ image 1 ] commandé en 1786 en illustre les prémices.

Vers 1800, ce mouvement artistique tend vers plus de rigueur et plus de précision dans le détail archéologique tout en privilégiant les formes élégantes. Les danseuses vêtues à l’antique, peintes à l’huile en grisaille sur un panneau de stuc [ détail b ], rappellent certaines peintures pompéiennes [ image 2 ]. Leur mouvement, leurs vêtements flottants, l’absence de paysage, donnent un aspect aérien à ces figures féminines qui tiennent des objets liés à la musique ou au banquet [ détail c ]. L’auteur de ces peintures, Louis Lafitte, dessinateur et décorateur, travaille d’après les modèles fournis par Charles Percier. Le miroir [ image principale ] est encadré par des peintures représentant deux trépieds (copie des originaux détruits). Le modèle donné par Percier s’inspire d’objets retrouvés à l’occasion de fouilles archéologiques et qui, dès la fin du XVIIIe siècle, sont à l’origine d’un nouveau type de meuble : l’athénienne [ image 3 ]. Au centre du mur en hémicycle [ détail b ], dans la vasque que surmonte aujourd’hui un miroir, se dressait une statue de la déesse Hébé, échanson des dieux. L’ensemble formait une fontaine démantelée depuis, mais connue par un dessin [ image 4 ].

L’alliance réussie du mobilier et du décor

L’aménagement de la salle à manger répond au même souci de simplicité et de rigueur que le décor. Le mobilier en acajou a été fourni par l’une des plus grandes familles d’ébénistes, la maison Jacob Frères, qui deviendra Jacob-Desmalter à partir de 1803. Georges Jacob, fondateur de cette dynastie, est l’un des précurseurs du néoclassicisme en France dès les années 1780. Ses œuvres d’une rigueur tout architecturale s’inspirent des productions anglaises. La beauté du meuble tient alors à celle du bois utilisé en larges surfaces de placage. Il est l’un des premiers à promouvoir l’acajou et à limiter les ornements de bronze.

Le mobilier commandé par Joséphine a été vendu après sa mort. Les meubles aujourd’hui présentés dans la salle à manger sont des meubles équivalents, déposés par le Mobilier national ou le château de Fontainebleau. Ils permettent de recréer l’atmosphère du château vers 1800. La table à plateau ovale avec rallonges et abattants peut accueillir douze convives. L’étiquette de cour impose le nombre de chaises dans une salle à manger en fonction de l’importance de la résidence : douze à Malmaison, qui est une résidence privée, vingt-quatre à Fontainebleau, quarante à Saint-Cloud, qui sont des résidences officielles.

Ces chaises, recouvertes de tissu de crin [ image 5 ], sont typiques des sièges créés à l’extrême fin du XVIIIe siècle. Comme sous le règne de Louis XVI, la couleur du bois est laissée apparente, mais la silhouette du meuble se rigidifie. Les pieds en balustre à l’avant et en sabre à l’arrière, le dossier droit et ajouré, annoncent la rigueur et la majesté du mobilier Empire. Deux fauteuils réservés au Premier consul et à son épouse complétaient cet ensemble.

Un nouveau lieu de réception et de convivialité

La salle à manger, en tant que pièce spécifique, est apparue dans la première moitié du XVIIIe siècle dans les appartements royaux (jusqu’alors les repas se prenaient dans une antichambre où l’on dressait une table pour l’occasion). Cette pièce se développe ensuite dans les grandes demeures de l’aristocratie dès la fin du siècle et doit être fonctionnelle. Le mobilier est peu abondant afin de ne pas gêner le déroulement du service à la française. Ce dernier, qui est d’usage jusqu’au milieu du XIXe siècle, est composé de plusieurs services, eux-mêmes composés de plusieurs plats. Tous les mets sont déposés en même temps sur la table, tandis que les boissons sont présentées sur un meuble réservé à cet effet.

Les murs de la salle à manger sont recouverts de stuc pour ne pas retenir les odeurs, et le sol est en marbre ou en pierre. Les chaises sont habillées soit de tissu de crin, soit de maroquin. La table est toujours cachée par une nappe blanche qui tombe jusqu’au sol [ détail d ]. Un surtout en décore le centre. Il comprend souvent des candélabres [ image principale ] qui complètent l’éclairage fourni par les lustres.

La salle à manger de Malmaison ne dispose d’aucune cheminée ; elle était chauffée par le sol. En effet, dans les cuisines du château, situées juste en dessous, étaient installés des poêles qui transmettaient leur chaleur à la pièce au-dessus. Ce dispositif ingénieux permettait un gain de place et de confort.

Aménagée pour accueillir une dizaine de convives, la salle à manger de Malmaison pouvait se transformer les jours de grande réception. L’architecte Fontaine avait en effet imaginé un système qui permettait d’escamoter les glaces dans l’épaisseur des murs. Grâce à ce dispositif ingénieux, les trois salles du rez-de-chaussée donnaient ainsi l’illusion de ne former qu’une seule grande pièce, dont l’unité était renforcée par le dallage identique au sol.

Le château est emblématique du goût qui se développe sous le Consulat. Joséphine, très attachée à Malmaison, transforme ce lieu à son image et en fait une demeure accueillante et raffinée. Elle y meurt le 29 mai 1814, un mois après l’abdication et l’exil de Napoléon.

Cécile Galinier

Permalien : http://www.panoramadelart.com/salle-a-manger-du-chateau-de-malmaison

Publié le 28/11/2013

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ressources internet

  1. Site officiel du musée
    http://www.chateau-malmaison.fr/
  2. Site de la Fondation Napoléon, où se trouvent de nombreuses informations sur Napoléon Ier et Napoléon III
    http://www.napoleon.org/fr/fondation/index.asp
  3. Site où sont publiés des documents d'archives relatifs à Napoléon
    http://www.napoleonica.org/
  4. Voir aussi le site Histoiredesarts.culture.fr

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glossaire

Consulat :
Régime politique français, né du coup d’État du 18 Brumaire (9 novembre 1799), qui met fin au Directoire. Promulguée le 13 décembre 1799, la Constitution dite de l’an VIII donne en théorie le pouvoir à trois consuls, Lebrun, Cambacérès et Bonaparte. Mais dans les faits, Bonaparte en vient à gouverner seul. Le Consulat prend fin avec son sacre, le 2 décembre 1804, sous le nom de Napoléon Ier.
Grisaille :
Peinture monochrome qui joue sur les nuances de noir et de gris afin de représenter les volumes. Dans l’art du vitrail, la grisaille désigne plus particulièrement le mélange utilisé pour réaliser le contour des figures et de certains détails.
Maroquin :
Cuir préparé selon une technique marocaine, très souvent utilisé en Europe dans l’ameublement.
Pilastre :
Élément architectural engagé dans un mur. Il a toutes les caractéristiques de la colonne (chapiteau, fût, base), sans en avoir la fonction porteuse.
Stuc :
Mélange de chaux et de plâtre, de sable ou de poudre de marbre lié par de la colle. Plus facile à travailler que le marbre, il peut être étalé mais aussi moulé pour obtenir des motifs en relief (sculpture, cadres, colonnes…).
Surtout :
Élément de centre de table. Apparu au XVIIe siècle, le surtout sert à présenter des plats et à accueillir l’éclairage. Il perd progressivement sa fonction utilitaire au XVIIIe siècle pour devenir essentiellement décoratif.
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