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Statuette féminine

Statuette féminine
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  • Ensemble de céramiques provenant de divers monuments mégalithiques d’Armorique, avec un fragment décoré d’un vase-support chasséen1
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Statuette féminine
dimension : H. 13,8 cm ; L. 7,8 cm ; P. 1,5 cm
matériaux : terre cuite
technique : modelage
provenance : Eure-et-Loir, Sorel-Moussel, Fort Harrouard
datation : Néolithique moyen (4500-3500 av. J.-C.)
lieu de conservation : Saint-Germain-en-Laye, musée d’Archéologie nationale et Domaine national de Saint-Germain-en-Laye
Statuette féminine
Statuette féminine
dimension : H. 13,8 cm ; L. 7,8 cm ; P. 1,5 cm
matériaux : terre cuite
technique : modelage
provenance : Eure-et-Loir, Sorel-Moussel, Fort Harrouard
datation : Néolithique moyen (4500-3500 av. J.-C.)
lieu de conservation : Saint-Germain-en-Laye, musée d’Archéologie nationale et Domaine national de Saint-Germain-en-Laye
Statuette féminine
Statuette féminine
Détail du buste
dimension : H. 13,8 cm ; L. 7,8 cm ; P. 1,5 cm
matériaux : terre cuite
technique : modelage
provenance : Eure-et-Loir, Sorel-Moussel, Fort Harrouard
datation : Néolithique moyen (4500-3500 av. J.-C.)
lieu de conservation : Saint-Germain-en-Laye, musée d’Archéologie nationale et Domaine national de Saint-Germain-en-Laye
Statuette féminine
Statuette féminine
Détail du bassin et des jambes
dimension : H. 13,8 cm ; L. 7,8 cm ; P. 1,5 cm
matériaux : terre cuite
technique : modelage
provenance : Eure-et-Loir, Sorel-Moussel, Fort Harrouard
datation : Néolithique moyen (4500-3500 av. J.-C.)
lieu de conservation : Saint-Germain-en-Laye, musée d’Archéologie nationale et Domaine national de Saint-Germain-en-Laye
Ensemble de céramiques provenant de divers monuments mégalithiques d’Armorique, avec un fragment décoré d’un vase-support chasséen
Ensemble de céramiques provenant de divers monuments mégalithiques d’Armorique, avec un fragment décoré d’un vase-support chasséen
matériaux : terre cuite
technique : céramique
provenance : Morbihan, Plouhinec et Riantec
datation : Néolithique moyen (4500-3500 av. J.-C.)
lieu de conservation : Saint-Germain-en-Laye, musée d’Archéologie nationale et Domaine national de Saint-Germain-en-Laye
Figurine féminine fragmentaire
Figurine féminine fragmentaire
dimension : H. 3,7 cm
matériaux : terre cuite
technique : modelage
provenance : Irak, Tello
datation : Néolithique, période de Halaf (vers 5500 av. J.-C.)
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Statuette féminine
Statuette féminine
dimension : H. 11 cm ; L. 11,7 cm ; P. 7 cm
matériaux : terre cuite
technique : modelage
provenance : Bulgarie, Tell Ratchev
datation : Néolithique (vers 5000 av. J.-C.)
lieu de conservation : Saint-Germain-en-Laye, musée d’Archéologie nationale et Domaine national de Saint-Germain-en-Laye
Comment la femme était-elle figurée au Néolithique ?
Quel sens donner aux représentations féminines de cette période ?

En 1920, l’abbé Philippe mit au jour une dizaine de statuettes féminines fragmentaires sur le site de Fort Harrouard, à Sorel-Moussel (Eure-et-Loir), un habitat de type « éperon barré » occupé du Néolithique jusqu’à l’époque gallo-romaine. Elles proviennent toutes d’une couche archéologique rattachée au Chasséen, une culture du Néolithique moyen (4500-3500 av. J.-C.). Cette découverte est exceptionnelle car, à l’inverse des régions orientales ou balkaniques, les figurines féminines sont plutôt rares en France ; il s’agit ainsi de l’ensemble le plus riche actuellement connu dans notre pays.

L’une de ces figurines se distingue des autres par sa silhouette épurée et son bon état de conservation ; seule sa tête manque [ image principale ].

La représentation de la femme dans le Néolithique français

La statuette de Fort Harrouard, d’une hauteur de 13,8 centimètres et d’une épaisseur de 1,5 centimètre, a été modelée à partir d’un boudin d’argile. L’allure générale de cette figure féminine est extrêmement schématique. Sur le buste, parfaitement lissé, les seins et le sillon du sternum sont bien marqués [ détail b ]. Les bras ne sont pas entièrement représentés. Les hanches apparaissent très larges, contrastant avec la finesse de la taille [ détail c ]. Le sexe n’est pas noté. La jambe gauche, entière, présente une extrémité légèrement recourbée correspondant au pied.

Une autre statuette de Fort Harrouard, elle aussi presque complète mais de dimensions plus modestes (7,2 centimètres de haut), permet d’observer une petite cupule au niveau du cou, indiquant qu’une tête amovible y était placée par chevillage. Le sternum est marqué sur son tronc de section carrée, mais les seins ne sont pas notés. Bien que différente de notre figurine par certains détails, cette statuette très fruste fait partie du même ensemble stylistique, tout comme les autres fragments découverts à Fort Harrouard. Ceux-ci se composent de plusieurs torses féminins, dont certains présentent également une cupule à la base du cou, de bassins et de parties inférieures de corps aux jambes atrophiées.

Le groupe des « vénus » parisiennes

D’autres statuettes féminines du Néolithique moyen ont été découvertes dans le Bassin parisien, provenant toutes de sites à enceintes. Ont ainsi été découverts les fragments de onze figurines à Noyen-sur-Seine (Seine-et-Marne) ; des éléments anthropomorphes, dont des têtes amovibles, simples appendices de forme ovoïde dépourvus de visage, à Jonquières (Oise) ; trois figurines acéphales à Maizy (Aisne) ; et une sculpture complète de 21 centimètres de hauteur dont la tête, également sans visage, est constituée d’une simple cône étiré, à Villers-Carbonnel (Somme).

Malgré quelques détails les distinguant, toutes ces statuettes parisiennes présentent une grande homogénéité morphologique : aplatissement des figures, cupules à la base du cou pour insérer les têtes, élargissement du bassin, sexe non indiqué et membres courts.

Le Néolithique moyen (4500-3500 av. J.-C.) et la culture chasséenne

Le Néolithique moyen est marqué par un essor démographique qui amène les premières populations paysannes de notre pays à construire davantage d’habitations. Ainsi, à côté des villages ouverts, de grands travaux sont entrepris pour créer soit des sites en hauteur, en forme d’éperon barré d’un rempart et d’un fossé (comme Fort Harrouard, qui domine la vallée de l’Eure), soit des camps en fond de vallée, également protégés de palissades et de fossés. Qu’ils soient des lieux d’habitat, permanent ou temporaire, ou bien des lieux de rassemblement périodique pour célébrer des fêtes religieuses ou politiques, ces sites, dont la surface peut aller de 2 à 15 hectares, révèlent une forte emprise de l’homme sur son territoire et la volonté d’en exploiter toutes les richesses.

Parallèlement, le Néolithique moyen correspond aussi à l’âge d’or du mégalithisme, avec la construction de tombeaux monumentaux. Les premières mines de silex se développent également, ainsi que l’outillage en pierre polie.

Le Chasséen est une culture très homogène d’origine méridionale, qui connaît vers 4200 av. J.-C. une large diffusion jusque dans la partie nord de la France (Bassin parisien et Bretagne), où l’on parle de Chasséen septentrional. Ce courant, dont le nom provient du site de Chassey-le-Camp (Saône-et-Loire) où il a été reconnu pour la première fois, se caractérise par une céramique de qualité, à fond rond et aux parois fines et parfaitement lissées. Bien cuite, elle peut être décorée de motifs géométriques incisés, comme ceux visibles sur ce tesson de « vase-support » [ image 1 ], une forme céramique originale mais dont la fonction reste inconnue (autel domestique, brûle-parfum ?). Il s’agit d’une sorte de socle à cuvette centrale, d’allure cubique ou cylindrique, généralement associée aux statuettes féminines en terre cuite qui constituent un autre élément caractéristique de la culture chasséenne.

Pourquoi ces statuettes ?

De nombreuses statuettes féminines ont été découvertes en Mésopotamie, comme celle de Tello [ image 2 ], ainsi que dans les Balkans, comme celle de Tell Ratchev (Bulgarie) [ image 3 ]. On peut supposer que cette tradition orientale serait arrivée dans nos régions par la voie de la Méditerranée.

S’appuyant sur cette universalité de l’image de la femme, apparue dès le Paléolithique avec les « vénus », et sur le nombre important de statuettes dans le Néolithique oriental et balkanique, la thèse d’une religion originelle centrée sur la femme et le culte d’une « grande déesse mère » a marqué la littérature archéologique et a encore ses partisans. En effet, les formes des sculptures, volontairement stylisées pour créer une symbolique et non représenter un individu, semblent bien refléter des préoccupations spirituelles. Mais ces idées sont critiquées aujourd’hui ; les sociétés humaines étant très complexes, il est effectivement impossible de retrouver le sens des productions symboliques de celles qui ne nous ont laissé aucun écrit.

Christine Vève

Permalien : http://www.panoramadelart.com/statuette-feminine-chassenne

Publié le 15/03/2015

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ressources internet

  1. La fiche pédagogique sur le Néolithique réalisée par le musée d’Archéologie nationale
    http://www.musee-archeologienationale.fr/sites/musee-archeologienationale.fr/fil
  2. Le site de Fort Harrouard
    http://shadt.free.fr/enclos_funeraires/fortharr.htm
  3. La dame de Villers-Carbonnel
    http://www.inrap.fr/userdata/c_bloc_file/11/11875/11875_fichier_CP-statuette-Vil
  4. Le site néolithique de Noyen-sur-Seine
    http://www.musee-prehistoire-idf.fr/noyen-sur-seine
  5. Voir des œuvres néolithiques au musée d’Archéologie nationale
    http://www.musee-archeologienationale.fr/
  6. Voir aussi le site Histoiredesarts.culture.fr

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glossaire

Néolithique :
En Europe occidentale, le Néolithique s’étend entre 6000 et 2000 av. J.-C. environ. Il se caractérise par la sédentarisation des groupes humains, l’apparition de l’agriculture, de l’élevage et des arts du feu.
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