Étude pour une Corrida No. 2, 1969 | Panorama de l'art

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Étude pour une Corrida No. 2, 1969 Francis Bacon (1909-1992)

Étude pour une corrida, no 2, Francis Bacon (1909-1992)
  • Étude pour une Corrida No. 2, 1969a
  • Étude pour une Corrida No. 2, 1969b
  • Étude pour une Corrida No. 2, 1969c
  • Bravo taureau1
  • Combat de taureaux2
  • Torero enlevé par le taureau 3
Étude pour une Corrida No. 2, 1969
auteur(s) : Francis Bacon (1909-1992)
dimension : H. 197 cm ; L. 147 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : 1969
lieu de conservation : Lyon, musée des Beaux-Arts
Étude pour une corrida, no 2, Francis Bacon (1909-1992)
Étude pour une Corrida No. 2, 1969
auteur(s) : Francis Bacon (1909-1992)
dimension : H. 197 cm ; L. 147 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : 1969
lieu de conservation : Lyon, musée des Beaux-Arts
Étude pour une corrida, no 2, Francis Bacon (1909-1992)
Étude pour une Corrida No. 2, 1969
Détail des deux corps emmêlés
auteur(s) : Francis Bacon (1909-1992)
dimension : H. 197 cm ; L. 147 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : 1969
lieu de conservation : Lyon, musée des Beaux-Arts
Étude pour une corrida, no 2, Francis Bacon (1909-1992)
Étude pour une Corrida No. 2, 1969
Détail de la partie gauche de la composition : paroi verticale avec emblème rouge surmonté d’un aigle
auteur(s) : Francis Bacon (1909-1992)
dimension : H. 197 cm ; L. 147 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : 1969
lieu de conservation : Lyon, musée des Beaux-Arts
bravo-taureau-goya
Bravo taureau
Lithographie du recueil Los toros de Burdeos
auteur(s) : Francisco de Goya (1746-1828)
dimension : H. 31,2 cm ; L. 41 cm
technique : lithographie
datation : 1825-1826
lieu de conservation : Paris, Bibliothèque nationale de France
Combat de taureaux, Édouard Manet (1832-1883)
Combat de taureaux
auteur(s) : Édouard Manet (1832-1883)
dimension : H. 90 cm ; L. 110,5 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : 1865
lieu de conservation : Paris, musée d’Orsay
Torero enlevé par le taureau, Gustave Doré (1833-1883)
Torero enlevé par le taureau
Estampe du recueil Corrida
auteur(s) : Gustave Doré (1833-1883)
technique : estampe
datation : 1860
lieu de conservation : Paris, Bibliothèque nationale de France
Et si la tragédie de la vie était à la source de toute œuvre d’art ?

Francis Bacon est un artiste autodidacte britannique. Dès l’âge de dix-sept ans, en conflit avec son père, il quitte l’univers familial londonien pour Berlin. En 1927, il découvre les dessins de Pablo Picasso exposés dans la galerie de Paul Rosenberg, à Paris. Fasciné par le maître, il décide alors de devenir peintre et adopte un premier style marqué par le cubisme et le surréalisme. À partir de 1945, ses figures isolées, parfois crucifiées, dévoilent de façon quasi obsessionnelle la cruauté de l’espèce humaine. Au centre de l’espace pictural, elles incarnent les démons du peintre.

Bacon, l’Espagne et la corrida

Francis Bacon trouve dans la peinture espagnole, particulièrement chez Diego Velázquez et Francisco de Goya image 1, des sources d’inspiration et des échos à ses recherches.

Dans la péninsule Ibérique, la corrida, à la fois art et spectacle, fait partie de la vie quotidienne. Elle semble être un sujet intemporel dans l’histoire de l’art : si elle est parfois abordée sous une forme pittoresque image 2, le plus souvent, les scènes qui opposent l’homme et l’animal dans un combat mortel revêtent un sens philosophique et symbolique. En effet, de nombreux peintres ont représenté des scènes de tauromachie, expérimentant l’expression du mouvement, de la lumière, de la violence image 3. Bacon s’inscrit dans le sillage des maîtres qu’il admire ; la corrida devient pour lui l’occasion de réfléchir à sa propre condition et à son destin. En 1969, il peint ainsi trois études sur ce sujet, peut-être un triptyque, dont Étude pour une corrida, no 2 image principale, la plus aboutie de la série. L’artiste déclare n’avoir vu des tauromachies que trois ou quatre fois dans sa vie, mais insiste : « Quand tu en vois une, elle reste gravée dans ta mémoire pour toujours. »

Une réalité difforme

Le spectacle de tauromachie est, pour Bacon, le symbole, le miroir de la vie réelle, une lutte à mort aux sens propre et figuré. Pour l’exprimer, le peintre transgresse les codes de la représentation du réel ; il la déforme pour mieux en révéler la monstruosité. L’arène, comme sa vie, est un combat.

L’artiste travaille le fond comme à son habitude, en utilisant un pigment minéral, le jaune cadmium. Il construit ensuite sa composition par taches, posées en aplats ou par empâtements, de blanc, noir, ocre, rose, bruns et gris. Au centre de l’arène, délimitée par des lignes circulaires, taureau et matador s’affrontent dans un corps-à-corps qui mêle leurs formes distordues et en partie atrophiées image b. Le visage humain disparaît. Emportées dans le mouvement, les deux masses semblent n’en faire qu’une, large tache sombre tourmentée et emblématique de la noirceur du monde. À gauche de la composition, sur le fond lumineux, une paroi obscure et verticale se dresse comme un miroir image c. Des formes y apparaissent, sorte de spectre fantomatique d’un public venu en foule assister au spectacle. Parmi les silhouettes, le regard est attiré par une tache de couleur rouge surmontée d’un aigle qui rappelle le drapeau de l’Allemagne nazie.

Et si tout cela n’était qu’un autoportrait ?

L’artiste déclare : « Ce que je peux peut-être dire, c’est qu’à ma propre façon, désespérée, je vais çà et là suivant mes instincts. » Ainsi, le peintre attend la tache, il le dit, ce qu’il appelle l’accident, celle à partir de laquelle part le tableau. Il est d’ailleurs fasciné par un autre très grand artiste qui l’a précédé, Vincent Van Gogh, dont il admire la capacité à exprimer les émotions. Comme lui, Bacon explore la souffrance qui fait partie de sa vie, parce qu’il fut rejeté pour son homosexualité. Elle apparaît notamment dans ses nombreux autoportraits, qui constituent une part importante de son œuvre, et dans des compositions où têtes hurlantes et déformation violente de la figure humaine sont récurrentes. Louise Bourgeois, lors d’une rencontre avec le peintre, analyse ainsi le désir profond qui anime l’homme et le pousse à peindre : « Le visage de Bacon était gras, écrasé et tordu comme un melon trop mûr sur lequel on se serait assis. On peut voir le visage de Bacon au travers de celui de tous ses personnages parce que quoi qu’il fît, c’était un autoportrait […].Bacon peignait la poussée d’adrénaline dans le système nerveux que provoque le besoin obsessionnel de s’exprimer[…].

Bacon a fait surgir ses questions, ses doutes, ses angoisses, ses souffrances dans ses toiles peuplées d’humains. Son œuvre frappe par son originalité, ses qualités esthétiques et son humanité. Bacon est, après Picasso, le premier artiste vivant à exposer au Grand Palais, en 1971.

Véronique Duprat-Roumier

Permalien : https://www.panoramadelart.com/Etude-corrida-2-Francis-Bacon

Publié le 20/03/2018

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ressources internet

  1. Un texte sur le corps sur le site du musée des Beaux-Arts de Lyon
    http://www.collection-20e.mba-lyon.fr/theme/le-corps-la-figure/
  2. Le site de The Estate of Francis Bacon (en anglais)
    http://francis-bacon.com/artworks/studio
  3. Présentation de l’exposition « Francis Bacon : de Picasso à Velázquez » (Bilbao, musée Guggenheim, 30 septembre 2016 – 8 janvier 2017) sur le site du musée Guggenheim de Bilbao
    https://francisbacon.guggenheim-bilbao.eus/fr/exposition
  4. Voir aussi le site Histoiredesarts.culture.fr

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glossaire

Composition :
Manière de disposer des figures, des motifs ou des couleurs dans l’élaboration d’une œuvre.
Cubisme :
Courant artistique, né peu avant la guerre de 1914, dont les pionniers furent Pablo Picasso et Georges Braque. Il porte un nouveau regard sur l’objet, dont les volumes et les plans peuvent être représentés de manière stylisée et vus simultanément sous plusieurs angles. Il s’inspire à la fois des recherches formelles de Paul Cézanne et des arts premiers.
Empâtement :
Relief obtenu par l’application d’une épaisse couche de peinture.
Triptyque :
Œuvre constituée de trois volets reliés par une charnière. Par extension, le terme s’applique à trois œuvres formant un ensemble.
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