Esclave mourant et Esclave rebelle | Panorama de l'art

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Esclave mourant et Esclave rebelle Michel-Ange (1475-1564)

Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange (1475-1564), Esclave mourant. Esclave rebelle1513-1515, sculpture (marbre), 227,7 × 72,4 × 53,5 cm. 215 × 49 × 75,5 cm. Paris, musée du Louvre (MR1589- MR 1590)
  • Esclave mourant. Esclave rebelle.a
  • Esclave mourantb
  • Esclave rebellec
  • Esclave rebelled
  • Esclave mourante
  • Esclave rebellef
  • Portrait du pape Jules II1
  • Tombeau de Laurent II de Médicis (1492-1519), duc d’Urbin2
  • Partie gauche de la façade du tombeau de Jules II, à San Pietro in Vincoli3
  • Le portique des Esclaves du château d’Écouen4
  • 5
  • Apollon lycien6
  • Le Laocoon7
  • David8
  • Le Baiser9
Esclave mourant. Esclave rebelle.
auteur(s) : Michel-Ange (1475-1564)
dimension : H. 227,7 cm ; L. 72,4 cm ; P. 53,5 cm - H. 215 cm ; L. 49 cm ; P. 75,5 cm
matériaux : marbre
technique : sculpture
datation : 1513-1515
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange (1475-1564), Esclave mourant. Esclave rebelle1513-1515, sculpture (marbre), 227,7 × 72,4 × 53,5 cm. 215 × 49 × 75,5 cm. Paris, musée du Louvre (MR1589- MR 1590)
Esclave mourant. Esclave rebelle.
auteur(s) : Michel-Ange (1475-1564)
dimension : H. 227,7 cm ; L. 72,4 cm ; P. 53,5 cm - H. 215 cm ; L. 49 cm ; P. 75,5 cm
matériaux : marbre
technique : sculpture
datation : 1513-1515
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange (1475-1564), Esclave mourant. 1513-1515, sculpture (marbre), 227,7 × 72,4 × 53,5 cm. Paris, musée du Louvre (MR 1590)
Esclave mourant
auteur(s) : Michel-Ange (1475-1564)
dimension : H. 227,7 cm ; L. 72,4 cm ; P. 53,5 cm
matériaux : marbre
technique : sculpture
datation : 1513-1515
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange (1475-1564), Esclave rebelle. 1513-1515, sculpture (marbre), 215 × 49 × 75,5 cm. Paris, musée du Louvre (MR 1589)
Esclave rebelle
auteur(s) : Michel-Ange (1475-1564)
dimension : H. 215 cm ; L. 49 cm ; P. 75,5 cm
matériaux : marbre
technique : sculpture
datation : 1513-1515
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange (1475-1564), Esclave rebelle. Détail de la partie supérieure. 1513-1515, sculpture (marbre), 215 × 49 × 75,5 cm. Paris, musée du Louvre (MR 1589)
Esclave rebelle
Détail de la partie supérieure
auteur(s) : Michel-Ange (1475-1564)
dimension : H. 215 cm ; L. 49 cm ; P. 75,5 cm
matériaux : marbre
technique : sculpture
datation : 1513-1515
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange (1475-1564), Esclave mourant. Détail du singe aux pieds de l’esclave. 1513-1515, sculpture (marbre), 227,7 × 72,4 × 53,5 cm. Paris, musée du Louvre (MR 1590)
Esclave mourant
Détail du singe aux pieds de l’esclave
auteur(s) : Michel-Ange (1475-1564)
dimension : H. 227,7 cm ; L. 72,4 cm ; P. 53,5 cm
matériaux : marbre
technique : sculpture
datation : 1513-1515
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange (1475-1564), Esclave rebelle. Vue de trois quarts. 1513-1515, sculpture (marbre), 215 × 49 × 75,5 cm. Paris, musée du Louvre (MR 1589)
Esclave rebelle
Vue de trois quarts
auteur(s) : Michel-Ange (1475-1564)
dimension : H. 215 cm ; L. 49 cm ; P. 75,5 cm
matériaux : marbre
technique : sculpture
datation : 1513-1515
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Raffaello Sanzio, dit Raphaël (1483-1520), Portrait du pape Jules II. 1511, peinture (huile sur bois de peuplier), 108,7 × 81 cm. Royaume-Uni, Londres, The National Gallery (NG27)
Portrait du pape Jules II
auteur(s) : Raffaello Sanzio, dit Raphaël (1483-1520)
dimension : H. 108,7 cm ; L. 81 cm
matériaux : huile sur bois de peuplier
technique : peinture
datation : 1511
lieu de conservation : Royaume-Uni, Londres, National Gallery
Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange (1475-1564), tombeau de Laurent II de Médicis (1492-1519), duc d’Urbin. 1524-1531, sculpture et architecture (marbre blanc). Italie, Florence, basilique San Lorenzo, Nouvelle Sacristie
Tombeau de Laurent II de Médicis (1492-1519), duc d’Urbin
auteur(s) : Michel-Ange (1475-1564)
matériaux : marbre
technique : sculpture, architecture
datation : 1524-1531
lieu de conservation : Italie, Florence, basilique San Lorenzo, Nouvelle Sacristie
Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange (1475-1564), partie gauche de la façade du tombeau de Jules II, à San Pietro in Vincoli. XVIe siècle, dessin (lavis d’encre de Chine sur papier), 41,3 × 31,4 cm. Paris, musée du Louvre (INV 835, Recto)
Partie gauche de la façade du tombeau de Jules II, à San Pietro in Vincoli
auteur(s) : Michel-Ange (1475-1564)
dimension : H. 41,3 cm ; L. 31,4 cm
matériaux : lavis d’encre de Chine sur papier
technique : dessin
datation : XVIe siècle
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
Le portique des Esclaves du château d’Écouen. Aile sud, côté cour. Architecture. Écouen, château
Le portique des Esclaves du château d’Écouen
technique : architecture
lieu de conservation : Écouen, musée national de la Renaissance
Esclave mourant et Esclave rebelle au musée du Louvre. Au second plan, portail du palais Stanga. Muséographie. Paris, musée du Louvre
"Esclave mouran"t et "Esclave rebelle" au musée du Louvre
Au second plan, portail du palais Stanga
auteur(s) : Michel-Ange (1475-1564) - Pietro da Rho (vers 1464-1513) (attribué à)
matériaux : marbre, calcaire
technique : sculpture, architecture
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
D’après Praxitèle (vers 395 av. J.-C. – avant 326 av. J.-C.), Apollon lycien, dit Apollon de Smyrne. Copie. Découvert à Izmir (Smyrne), en Turquie. Deuxième quart du IIe siècle apr. J.-C., original du troisième quart du IVe siècle av. J.-C., sculpture (marbre), 219 × 85 × 49 cm. Paris, musée du Louvre (Ma 928)
Apollon lycien
Copie
Apollon de Smyrne
auteur(s) : d’après Praxitèle (vers 395 av. J.-C. – avant 326 av. J.-C.)
dimension : H. 219 cm ; L. 85 cm ; P. 49 cm
matériaux : marbre
technique : sculpture
provenance : Turquie, Izmir (Smyrne)
datation : deuxième quart du IIe siècle apr. J.-C. ; original : troisième quart du IVe siècle av. J.-C.
lieu de conservation : Paris, musée du Louvre
D’après Hagèsandros, Polydôros et Athanadôros, Le Laocoon. Copie romaine d’un original grec. Découvert sur le mont Esquilin, à Rome (Italie). Ier siècle apr. J.-C. ; original : fin du Ier siècle av. J.-C. ou début du Ier siècle apr. J.-C., sculpture (marbre), 242 cm. Vatican, musées du Vatican
Le Laocoon
Copie romaine d’un original grec
auteur(s) : d’après Hagèsandros, Polydôros et Athanadôros
dimension : H. 242 cm
matériaux : marbre
technique : sculpture
provenance : Italie, Rome, mont Esquilin
datation : Ier siècle apr. J.-C. ; original : fin du Ier siècle av. J.-C. ou début du Ier siècle apr. J.-C.
lieu de conservation : Vatican, musées du Vatican
Michelangelo Buonarotti, dit Michel-Ange (1475-1564), David 1501-1504, 541,5 × 213,5 cm.  Galleria dell'Accademia
David
auteur(s) : Michel-Ange (1475-1564)
dimension : H. 541,5 cm ; L. 213,5 cm
matériaux : marbre
technique : sculpture
datation : 1501-1504
lieu de conservation : Italie, Florence, Galleria dell'Accademia
Auguste Rodin (1840-1917), Le Baiser. vers 1882, sculpture (marbre), 182,9 × 116,8 × 121,9. Musée Rodin
Le Baiser
auteur(s) : Auguste Rodin (1840-1917)
dimension : H. 182,9 cm ; L. 116,8 cm ; P. 121,9 cm
matériaux : marbre
technique : sculpture
datation : vers 1882
lieu de conservation : Paris, musée Rodin
En quoi ces œuvres sont-elles emblématiques de la Renaissance italienne ? Pourquoi Michel-Ange les a-t-il laissées inachevées ?

Ces deux esclaves enchaînés image principale ont été sculptés entre 1513 et 1515 par Michel-Ange. Mesurant un peu plus de 2 m de hauteur, exécutés dans le marbre, ils semblent se répondre et se compléter, et sont ainsi toujours présentés ensemble.

Le premier, l’Esclave mourant image b, frontal, élancé, a les yeux clos, comme abandonné dans le sommeil. Il se distingue de l’Esclave rebelle, dont la pose contournée et les bras ligotés dans le dos traduisent la volonté farouche de recouvrer la liberté image c.

« La tragédie du tombeau »

Les deux sculptures sont conçues pour prendre place dans le tombeau commandé à Michel-Ange par le pape Jules II image 1.

Dès 1505, le sculpteur propose au souverain pontife un projet colossal surpassant ceux de ses prédécesseurs, destiné à la basilique Saint-Pierre de Rome. Il imagine un édifice isolé, pyramidal, comportant une vingtaine de statues, dont une douzaine de captifs. Enthousiaste, le commanditaire change néanmoins d’avis et charge Michel-Ange de peindre la voûte de la chapelle Sixtine (1508-1512).

À la mort de Jules II, en 1513, le tombeau est loin d’être achevé. Michel-Ange élabore un nouveau projet, qu’il présente aux héritiers du pape. C’est pour ce tombeau adossé à un mur que sont conçus ces deux esclaves, destinés à prendre place devant des pilastres encadrant des statues dans des niches, parmi lesquelles le célèbre Moïse.

Interrompu deux ans plus tard par la commande des tombeaux des Médicis à Florence image 2, ce projet est à son tour remplacé par deux autres, en 1516 et en 1523.

Malgré une interruption de sept ans et des événements dramatiques comme le sac de Rome, les héritiers de Jules II n’abandonnent pas leur but. En 1535, Michel-Ange écarte finalement les deux esclaves de son ultime projet de tombeau, qu’il réalise pour l’église Saint-Pierre-aux-Liens image 3.

De Rome au Muséum central des arts

Michel-Ange offre alors les deux esclaves à un compatriote florentin, Roberto Strozzi, lequel en fait don au roi François Ier. C’est peut-être le futur Henri II qui les transmet au connétable de Montmorency, grand amateur d’art. Celui-ci les place dans son château, à Écouen, au sein d’une façade conçue pour les accueillir image 4. Passés ensuite dans la famille Richelieu au XVIIIe siècle, ils entrent finalement au Museum central des arts, futur musée du Louvre, en 1794 image 5.

Une ascendance et une esthétique païennes

La conception de deux hommes nus ligotés pour un tombeau placé dans une église peut paraître surprenante, même dans la Rome du début du XVIe siècle. En réalité, Michel-Ange s’inspire de l’art antique : les figures d’esclaves assujettis et dénudés sur les tombeaux impériaux ou les arcs de triomphe étaient courantes à cette période. Désignées à l’origine sous le terme antique de captifs, elles seraient, selon le témoignage de l’historien de l’art Vasari, des allégories des provinces soumises au pape et à l’Église.

Formé à Florence auprès de Bertoldo di Giovanni, Michel-Ange s’est très tôt intéressé à la sculpture antique. Présent à Rome à partir de 1496, il a pu voir l’Apollon lycien image 6, au bras replié sur la tête, et Le Laocoon image 7. Dans ce groupe, la puissante torsion du corps du père et l’opposition entre les deux fils, l’un abandonné, l’autre révolté, se retrouvent dans les esclaves de Michel-Ange.

La référence aux arts

Selon Ascanio Condivi, élève et biographe de Michel-Ange, les esclaves seraient plutôt des allégories des arts. Ce type de personnification, répandu depuis le Moyen Âge, serait un hommage au mécénat des papes, de Jules II en particulier. L’ébauche d’un singe aux pieds de l’Esclave mourant image e conforte cette lecture : cet animal incarnait traditionnellement la capacité de la peinture à singer le réel. L’Esclave rebelle incarnerait ainsi la sculpture émergeant de la matière.

La beauté néo-platonicienne

Il est probable qu’à travers ses esclaves, Michel-Ange ait également traduit les conceptions néo-platoniciennes florentines, qu’il développe par ailleurs dans ses poèmes. L’idée que la beauté parfaite est le reflet de la grâce divine semble exprimée par l’Esclave mourant, frappant de jeunesse et de beauté langoureuse. Sa tentative désespérée de se défaire de ses liens traduirait l’assujettissement de l’âme à la pesanteur du corps. Dans un esprit différent, chargé de révolte et de tensions, l’Esclave rebelle mène le même combat pour se dégager de sa gangue de pierre image f.

Le non finito

Il est manifeste que ces deux statues sont inachevées. Certaines parties, parfaitement lisses et polies, s’opposent à d’autres, laissées à l’état brut ou marquées par le travail des outils.

On ignore pourquoi Michel-Ange n’a pas terminé ces sculptures. On observe néanmoins que l’inachèvement, absent des œuvres antérieures comme David image 8, s’amplifie au fil de la carrière du sculpteur jusqu’à devenir un fait conceptualisé et maîtrisé. Laisser l’œuvre inachevée serait un moyen de mettre en valeur l’idée créatrice, à même de distinguer le véritable artiste de l’artisan. L’exécution devient secondaire. Le non finito rappelle également que la réalisation physique ne peut être qu’inférieure à l’idéal conçu par l’esprit.

Une postérité tardive

L’entrée au Louvre des esclaves révèle Michel-Ange aux yeux du public français. Il faut néanmoins attendre le milieu du XIXe siècle pour que son art soit considéré comme une référence et devienne une source d’inspiration pour les artistes. Auguste Rodin voit dans ces sculptures l’expression de la souffrance humaine et reprend à son compte la pratique du non finito image 9.

Esclave Mourant en 3D - Michel-Ange

Esclave Rebelle en 3D - Michel-Ange

 

 

Stéphanie Cabanne

Permalien : https://www.panoramadelart.com/esclave-rebelle-mourant-michel-ange

Publié le 23/02/2022

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ressources internet

  1. L’histoire détaillée du tombeau de Jules II
    http://agora.qc.ca/documents/Michel-Ange--Michel-Ange_sculpteur__Le_tombeau_de_J
  2. Basilique San Pietro in Vicoli (en italien)
    https://www.soprintendenzaspecialeroma.it/schede/basilica-di-san-pietro-in-vinco
  3. Voir aussi le site Histoiredesarts.culture.fr

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glossaire

Néo-platonisme :
Mouvement philosophique et artistique né à Florence au XVe siècle, issu de la redécouverte des œuvres de Platon, Aristote et Plotin, selon lequel la beauté des choses provient de la splendeur divine.
Non finito :
Expression inventée par Vasari, signifiant « non terminé » et désignant les sculptures inachevées de Michel-Ange, volontairement ou non.
Renaissance :
Mouvement artistique né au XVe siècle en Italie et qui se diffuse dans le reste de l’Europe au XVIe siècle. Il repose sur la redécouverte, l’étude et la réinterprétation des textes, monuments et objets antiques. À la différence de la pensée médiévale qui donne à Dieu une place centrale, c'est l'homme qui est au cœur de la pensée de la Renaissance.   
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