Evening | Panorama de l'art

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Evening Le Bal Jacques Joseph Tissot, dit James Tissot (1836-1902)

Jacques Joseph Tissot, dit James Tissot (1836-1902), Evening (Le Bal). 1878, peinture (huile sur toile), 91 × 51 cm. Paris, musée d’Orsay
  • Eveninga
  • Eveningb
  • Eveningc
  • Portrait de madame de Senonnes1
  • Portrait de madame de Senonnes. Copie en grisaille d’après Ingres2
  • Femme en kimono rose et petit chien3
  • Femmes au jardin : femme à la pèlerine4
  • Lucie Miche5
Evening
Le Bal
auteur(s) : Jacques Joseph Tissot, dit James Tissot (1836-1902)
dimension : H. 91 cm ; L. 51 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : 1878
lieu de conservation : Paris, musée d’Orsay
Jacques Joseph Tissot, dit James Tissot (1836-1902), Evening (Le Bal). 1878, peinture (huile sur toile), 91 × 51 cm. Paris, musée d’Orsay
Evening
Le Bal
auteur(s) : Jacques Joseph Tissot, dit James Tissot (1836-1902)
dimension : H. 91 cm ; L. 51 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : 1878
lieu de conservation : Paris, musée d’Orsay
Jacques Joseph Tissot, dit James Tissot (1836-1902), Evening (Le Bal). Détail de la traîne. 1878, peinture (huile sur toile), 91 × 51 cm. Paris, musée d’Orsay
Evening
Détail de la traîne
Le Bal
auteur(s) : Jacques Joseph Tissot, dit James Tissot (1836-1902)
dimension : H. 91 cm ; L. 51 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : 1878
lieu de conservation : Paris, musée d’Orsay
Jacques Joseph Tissot, dit James Tissot (1836-1902), Evening (Le Bal). Détail du tissu japonais à motif de poissons. 1878, peinture (huile sur toile), 91 × 51 cm. Paris, musée d’Orsay
Evening
Angle inférieur gauche : la traîne, tissu à motif japonisant de poissons
Le Bal
auteur(s) : Jacques Joseph Tissot, dit James Tissot (1836-1902)
dimension : H. 91 cm ; L. 51 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : 1878
lieu de conservation : Paris, musée d’Orsay
Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867), Portrait de madame de Senonnes. 1814, peinture (huile sur toile), 106 × 64 cm. Nantes, musée d’Arts
Portrait de madame de Senonnes
auteur(s) : Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867)
dimension : H. 106 cm ; L. 64 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : 1814
lieu de conservation : Nantes, musée d’Arts
Jacques Joseph Tissot, dit James Tissot (1836-1902), d’après Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867), Portrait de madame de Senonnes. Copie en grisaille d’après Ingres. Achevé en 1899, peinture (huile sur toile), 102 × 81,3 cm. Nantes, musée d’Arts
Portrait de madame de Senonnes. Copie en grisaille d’après Ingres
auteur(s) : Jacques Joseph Tissot, dit James Tissot (1836-1902), d’après Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867)
dimension : H. 102 cm ; L. 81,3 cm
matériaux : huile sur toile
technique : peinture
datation : achevé en 1899
lieu de conservation : Nantes, musée d’Arts
Torii Kiyonaga (1752-1815), Femme en kimono rose et petit chien. 1794, estampe nishike-e, 38,1 × 25,4 cm. Paris, musée national des Arts asiatiques – Guimet
Femme en kimono rose et petit chien
auteur(s) : Torii Kiyonaga (1752-1815)
dimension : H. 38,1 cm ; L. 25,4 cm
technique : estampe nishike-e
provenance : Japon
datation : 1794
lieu de conservation : Paris, musée national des Arts asiatiques – Guimet
Pierre Bonnard (1867-1947), Femmes au jardin : femme à la pèlerine. Fait partie d’un ensemble de quatre panneaux décoratifs, originellement conçus comme un paravent. 1891, peinture (détrempe à la colle sur toile), 160,5 × 48 cm. Paris, musée d’Orsay
Femmes au jardin : femme à la pèlerine
Fait partie d’un ensemble de quatre panneaux décoratifs, originellement conçus comme un paravent
auteur(s) : Pierre Bonnard (1867-1947)
dimension : H. 160,5 cm ; L. 48 cm
matériaux : détrempe à la colle sur toile
technique : peinture
datation : 1891
lieu de conservation : Paris, musée d’Orsay
Sam Lévin (1904-1992), Lucie Miche. XXe siècle, photographie (négatif noir et blanc), 6 × 6 cm. Charenton-le-Pont, médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine
Lucie Miche
auteur(s) : Sam Lévin (1904-1992)
dimension : H. 6 cm ; L. 6 cm
matériaux : négatif noir et blanc
technique : photographie
datation : XXe siècle
lieu de conservation : Charenton-le-Pont, médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine

Portrait, scène de genre ou critique de la société ?

Jacques Joseph Tissot naît à Nantes en 1836. Ses parents, qui exercent le négoce de tissus, lui insufflent le goût pour les belles matières et la mode. En 1856, le jeune homme se rend Paris pour se former à l’École des Beaux-Arts. Dès 1859, il expose au Salon et commence une carrière de peintre tournée vers la représentation de la haute société du Second Empire. Il se fait alors prénommer James.

C’est après la Commune, en 1871, que Tissot s’installe en Angleterre pour une dizaine d’années. Il y rencontre Kathleen Newton (1854-1882), sa compagne et sa muse, qui lui sert régulièrement de modèle. C’est elle qu’il représente dans ce tableau, intitulé Evening (Le Bal) image principale. Très vite, James Tissot est reconnu comme le peintre des « mondains ».

Une image tout en mouvement

La toile présente une jeune femme, accompagnée d’un homme visiblement plus âgé qu’elle, faisant son entrée au bal. Le modèle est en mouvement ; la scène semble prise sur le vif.

En figurant une femme vêtue d’une robe d’un jaune éblouissant, Tissot se place dans le sillage de grands portraitistes tels que Jean-Auguste-Dominique Ingres, qu’il admire et dont il copie même le Portrait de madame de Senonnes image 1 image 2.

Attentif à la mode, le peintre analyse et dissèque presque tous les effets de cette magnifique « robe à tournure », qui envahit l’espace de la toile. Son incroyable traîne est composée de rubans et de dentelles qui se superposent image b. Dans un jeu de courbes et contre-courbes, Tissot entraîne le regard du spectateur de l’angle inférieur gauche à l’arrondi de l’éventail et la ligne des épaules.

 

Un format étroit qui met en valeur la toilette

Le peintre adopte un format très étroit, qui n’est pas sans rappeler celui des estampes japonaises, qu’il apprécie comme bon nombre de ses contemporains image 3. Un imprimé japonais au motif de poissons est d’ailleurs visible dans la partie basse du tableau image c .

Le cadrage resserré concentre l’attention sur la jeune femme, et plus encore sur sa tenue de bal, que le peintre décrit avec beaucoup de détails.

À la différence de Bonnard image 4, qui, dans un esprit très japonisant, simplifie les lignes et semble placer tous ses éléments sur un même plan, Tissot laisse entrevoir la profondeur du champ pictural ; d’autres convives sont, en effet, représentés à l’arrière-plan. C’est là, au milieu de cette société huppée, que se jouent et se déjouent les codes qui régiront désormais la vie mondaine de cette jeune femme.

Quelques années plus tard, Tissot reprendra ce thème dans une toile intitulée L’Ambitieuse

Une image de mode ou une critique sociale ?

La robe semble être le véritable protagoniste du tableau. Cette image de jeune femme élégante devance l’illustration de mode, remplacée plus tard par la photographie image 5.

Le modèle, dont la jeunesse contraste avec l’âge mûr des messieurs qui l’entourent, pose. Mais son visage lisse et régulier n’exprime rien, sinon une forme de détachement. La jeune femme présente si peu de caractères distinctifs que le spectateur comprend assez vite que l’enjeu de Tissot n’est pas de peindre un portrait, mais plutôt un archétype. Oui, mais lequel ? Une dame de la haute société ? une demi-mondaine ? une cocotte, cherchant la réussite en moyennant ses charmes et sa jeunesse ? Les intentions du peintre n’apparaissent pas clairement. Celui-ci joue sur l’ambiguïté, en exprimant à la fois fascination et ironie mordante à l’égard de cette société.

Un style bien personnel

À la différence des peintres novateurs qui lui sont contemporains, Tissot traite des sujets modernes avec une approche particulière, celle du mélange des genres picturaux. Evening oscille ainsi entre scène de genre réaliste, gravure de mode et peinture d’histoire.

Grâce à un dessin très précis, au jeu des regards et des postures, Tissot traque les codes de la société victorienne. Dans la grande accumulation de détails qui remplissent la composition, le peintre livre autant une image de mode qu’une interrogation sur les conventions mondaines. À la différence des impressionnistes qui se jouent de l’éphémère et des sensations fugitives, Tissot incise le tissu social. Lorsque Renoir peint avec amour sa sensuelle compagne dans une somptueuse robe noire, Tissot, lui, montre son modèle dans une mise en scène ambiguë qui en soulève les paradoxes.

Un univers proustien avant l’heure

Des années plus tard, l’œuvre de Tissot trouvera un écho dans la littérature, sous la plume de Marcel Proust. Dans son roman intitulé À la recherche du temps perdu, publié entre 1913 et 1927, l’auteur se base sur ses souvenirs pour dépeindre l’aristocratie et la grande bourgeoisie de son temps. Tissot comme Proust traquent et dévoilent ce qui se cache derrière les apparences.

 

Après la mort de Kathleen Newton en 1882, James Tissot rentre en France. À partir de 1888, ses convictions religieuses l’incitent à s’éloigner de ses thèmes de prédilection pour se consacrer aux sujets bibliques.

Véronique Duprat-Roumier

Permalien : https://www.panoramadelart.com/james-tissot-bal-evening

Publié le 08/04/2021

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ressources internet

  1. Le commentaire de l’œuvre sur le site du musée d’Orsay
    https://www.musee-orsay.fr/fr/collections/oeuvres-commentees/peinture/commentair
  2. Une présentation de l’œuvre sur le site de la Bibliothèque nationale de France dédié à l’exposition Proust, l’écriture et les arts (Bibliothèque nationale de France, 1999-2000)
    http://expositions.bnf.fr/proust/grand/145.htm
  3. Voir aussi le site Histoiredesarts.culture.fr

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glossaire

Estampe :
Images obtenues sur un support papier par impression d’une planche de bois gravée (xylographie) ou d’une plaque de métal, voire d’une pierre dessinée (lithographie). La plaque de métal peut être travaillée selon différents procédés, mécanique (burin) ou chimique (eau-forte), qui définissent plusieurs types de gravure.
Impressionnisme :
Courant artistique regroupant l’ensemble des artistes indépendants qui ont exposé collectivement entre 1874 et 1886. Le terme a été lancé par un critique pour tourner en dérision le tableau de Monet Impression soleil levant (1872). Les impressionnistes privilégient les sujets tirés de la vie moderne et la peinture de plein air.
Peinture d’histoire :
Genre pictural majeur représentant des scènes inspirées de l’histoire, de la religion, de la mythologie ou de la littérature.
Réalisme :
Courant artistique du XIXe siècle qui privilégie une représentation non idéalisée de sujets inspirés du monde réel. Le peintre Gustave Courbet en est la figure de proue, et son tableau Un enterrement à Ornans, exposé en 1855, le premier manifeste.
Salon :
Au XVIIIe siècle les expositions des membres de l’Académie royale de peinture et de sculpture se tenaient dans le Salon carré du Louvre. Le terme « Salon » désigne par la suite toutes les expositions régulières organisées par l’Académie.
Scène de genre :
Sujet de peinture qui présente la vie quotidienne en famille et en société.
Second empire :
Régime politique impérial français né du coup d’état du 2 décembre 1852 qui met fin à la Seconde république. Napoléon III, neveu de Napoléon Ier, devient l’empereur des Français. Le second empire prend fin le 4 septembre 1870, lors de la débâcle de Sedan pendant la guerre de 1870 contre la Prusse. C’est un régime autoritaire dans lequel l’empereur exerce un pouvoir absolu.
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